MANUEL PEDAGOGIQUE :

5. DEFENSE

REVERS

Il faut défendre la zone de but. C’est l’objectif majeur du jeu à ne négliger sous aucun prétexte. La position de défense se fait en revers, coude replié et souple, pendant comme s’il ne servait à rien, poignet en attente et mou pour amortir le cas échéant un impact particulièrement puissant et dur, la raquette fermement enserrée entre les cinq doigts. Pour la défense, les raquettes à revêtement lent (plastique et bois) sont plus adaptées.

La raquette ne doit pas entrer dans la zone de but. Une nouvelle règle, très difficile à observer pour les arbitres en raison de la vélocité de jeu, est que le joueur a le droit d’avoir sa raquette dans la zone de but tant qu’il ne touche pas la balle. Dès qu’il la touche, sans même qu’il y ait intention de vouloir la renvoyer, il y a faute de défense et un point est accordé à l’adversaire. Un danger apparaît lorsque le coup est très fort et que l’on est placé trop près du but, par peur de laisser passer quelque chose. Restez devant la ligne de défense en dehors de la zone de but, même quand il n’y a pas danger imminent ; au contraire : restez même le plus loin possible de la zone de but. Cela paraît aberrant, mais il y a là une raison très concrète : il est plus facile de reculer volontairement la raquette quand on est assez loin du but et qu’elle ne touche pas la surface de réparation (rugueuse) et en même temps être capable d’intercepter une balle en milieu de terrain (disons vers le début du milieu) permet d’anticiper plus facilement à l’oreille la trajectoire de la balle et une relance surprenante de rapidité, car il y a environ 40 cm de moins à parcourir si on la relance tout de suite sans attendre qu’elle arrive près de son but.
Je vais traiter quatre cas de défense usuels, partant du plus loin de la zone de but pour arriver peu à peu à la solution d’ultime recours pour sauver la balle.

1. Le premier type de défense se fait avec la raquette, que l’on bouge en mouvement de demi-cercle autour de la zone de but jusqu’aux parois (fig. 5). Ceci permet de contrôler la balle à son arrivée sur les bords de la table en l’interceptant pour la contrôler et passer à l’attaque. On « contrôle » une balle dans cette position en la faisant rouler entre la paroi et la lame de la raquette. Pour la relance avec plus de puissance, il est conseillé de tirer la balle vers soi, toujours en contact avec la paroi pour ne pas perdre le contrôle, et de la relancer quand elle est déjà en mouvement. A ce moment là, on peut passer à l’offensive

  1. soit en la lançant en diagonale (angle de tir et ricochets au choix) en coup droit ou en revers,
  2. soit en retournant le poignet et en la lançant tout droit le long de la bande (ou encore avec la même position en croisé – plus difficile ! – cf. les points concernés dans le chapitre 6 « attaque »).

Se trouvant désaxé sur un bord de table, un geste un peu sonore et très déroutant pour l’adversaire consiste à contrôler la balle du bout de la lame en basculant parallèlement à l’appui-bras sur l’autre côté de la table. Ce changement radical de direction désoriente l’adversaire, car il a l’habitude d’entendre la balle aller vers lui, mais pas que la balle stagne sur place et que le son se déplace dans l’axe gauche/droite. On peut la coller contre la paroi opposée ou bien la relancer avant qu’elle ne touche l’autre côté. Un détail important : moins il y a de bruit pendant le mouvement, plus l’effet de surprise sera convaincant.

2. Un deuxième type de défense se fait avec le poignet pour des coups spécialement puissants.
Nous avons dit plus haut que le poignet fonctionnait un petit peu comme un ressort. C’est justement de ce ressort sont nous allons nous servir pour amortir la grande vitesse d’une balle agressive. La souplesse du poignet crée des vibrations qui annulent la force de frappe et permettent dans certains cas de carrément immobiliser la balle devant sa raquette. Dans ce cas, on peut passer directement à l’offensive. Ce geste évite de se prendre des buts en étant, par manque de souplesse du poignet, obligé de reculer la raquette et de céder à la force de frappe du coup de l’adversaire.

3.  Le troisième type de défense se fait avec la main. En effet, il y a un angle mort dont j’ai parlé dans le chapitre 2 « stratégie » : c’était le coup droit de chaque joueur, peu importe s’il était gaucher ou droitier. Mais, pris de vitesse, le joueur peut également laisser passer la balle sur son revers. Celle-ci roule à ce moment-là le long des bandes de la table et va aller se faufiler derrière l’aire de jeu, ce qui rend impossible son interception – trop tardive – avec la raquette. Si l’on tient suffisamment loin sa raquette, c’est-à-dire pas trop près de la jonction entre le manche et la lame, la partie opposée au pouce forme un écran dont on peut se servir pour bloquer la balle. Il faut alors sortir le coude (le pousser vers l’écran central) pour pouvoir rentrer le poing sous l’appui-bras. Pour, encore une fois, ne pas être pris de cours, je recommande d’effectuer cette opération le plus tôt possible et le plus loin possible de la zone de but. Il faut pour cela anticiper l’audition et travailler ses réflexes physiques en conséquence.

4.   Le dernier type de défense connue est une action « désespérée », mais qui peut donner des résultats étonnants. Si toutes les tentatives de défense traitées jusqu’ici ont échoué et que la balle est quand même passée à travers le mur de défense et qu’elle est entrain de rouler sur le bord de la table droit dans le but, il est possible de retourner la raquette et de racler directement au-dessus du but en direction de la balle pour tenter de la dégager. Ce n’est pas un geste très beau, mais il sert souvent dans les situations où aucun des cas préfigurés n’a abouti à l’interception de la balle. Bien entendu, il faut veiller à ne pas toucher la table dans la zone de but et pour cela surélever la raquette de quelques millimètres. Ce geste « désespéré » ne sera exceptionnellement pas (ou rarement, pour ne pas dire jamais) sanctionné par l’arbitre.

COUP DROIT

Il est possible de défendre son but avec le coup droit « essuie-glace » comme en revers, si le geste du revers ne permet pas d’atteindre la balle ou si la position du corps n’est pas propice à une interception propre. Il faut en revanche être très rapide pour disposer de suffisamment de temps et basculer le poignet et se mettre en essuie-glace, puis détendre le poignet pour annuler la force de frappe.
 Je ne connais pas de parade efficace en coup droit classique, car pour réaliser ce dernier, il faut que le bras quitte sa position de défense en revers face à soi. On se trouve ainsi certes en contrôle de la balle pour préparer son coup droit, mais également en position de vulnérabilité car la zone de but n’est plus couverte.