Le matériel de showdown se compose:
- d’une table de bonne qualité ;
- d’une balle ;
- de deux raquettes ;
- d’un bandeau de protection opaque (masque)
- d’une paire de gants par joueur.
A. La Table
a) Dimensions
-
La longueur totale intérieure de la table est de 364-366 centimètres.
-
La largeur totale intérieure de la table est de 121-122 centimètres.
-
Les coins de la table sont de forme circulaire. Ils ont un rayon de vingt-trois (23) centimètres.
-
Les planches de contact surplombent la table de cinq (5) centimètres. Elles ne doivent pas dépasser la longueur de la table.
-
Les cages de buts sont de forme semi-circulaire. Elles ont un diamètre de trente (30) centimètres.
-
Les parois latérales ont une hauteur de quatorze (14) centimètres.
-
La cage de buts se compose de l’entaille du tablier prolongée par une entaille dans la paroi terminale. Cette entaille, de forme rectangulaire, a une longueur de trente (30) centimètres et une hauteur de neuf (9) à dix (10) centimètres.
-
L’écran central (la surface de jeu) de la table se situe à soixante-dix-huit (78) centimètres au-dessus du sol.
-
Les dimensions intérieures de la surface de jeu (définies par les deux parois terminales et les deux parois latérales) sont de trois (3) mètres soixante-six (66) centimètres de long sur un mètre vingt-deux (1,22 m) de large.
-
La ligne qui définit les limites de la zone de but doit se situer à quarante-quatre (44) centimètres de la paroi terminale. Elle doit être repérable au toucher.

Deux prises d’une table de showdown, montée sur pieds pliables. Elle se monte en deux parties. L’écran central, qui se rajoute séparément au montage, permet pendant le jeu de reconnaître si la balle vole trop haut. Au-dessus du but, placé aux deux extrémités, se trouve un rebord servant d’appuie-bras au joueur.
b) caractéristiques
Il existe différents types de fabrication de tables. Ici, les constructeurs utilisent des matériaux différent – ce qui est comparable au tennis, où les terrains sont soit du gazon, de la terre battue, du synthétique. Les caractéristiques de chaque terrain se répercutent sur le mode de jeu – pour revêtir la surface de jeu pour permettre à la balle de rouler régulièrement et à grande vitesse sans être gêné par une quelconque aspérité du terrain : bois ou carton dur. L’usage de vernis posé en plusieurs couches durcit le matériau de base.
Il existe des fournisseurs en Suède, en Hollande, en République Tchèque, en Finlande et récemment en France. Chacun y rajoute sa spécificité, son originalité. Comme au ping-pong, les revêtements, quoiqu’actuellement majoritairement en contreplaqué, n’ont ni la même épaisseur, ni la même adhésion, permettent au joueur de s’adapter selon un terrain donné.

En République Tchèque, les fabricants utilisent du parquet stratifié synthétique, ce qui donne une vitesse incroyable à la balle, mais une adhésion à la raquette moins contrôlée. Par contre, le revêtement est très résistant, bien plus qu’avec le bois et plus léger. Les poches du but sont en métal et font bien entendre le but grâce au son du métal à l’impact de la balle (par contre, les grillages sont fins et s’abîment vite). L’arbitre a parfois du mal à se concentrer à la fois sur les fautes visuelles du jeu et sur le son causé par la balle rentrant dans la cage, pourtant un « dong ! » très caractéristique pour celui qui joue : la balle, cognant à toute vitesse sur la cage métallique, peut en effet rebondir sur le terrain et permettre aux joueurs de continuer la partie, sans que l’arbitre s’en aperçoive. L’écran central est transparent en plastique, ce qui permet aux spectateurs une parfaite visibilité du terrain complet.
Sous le parquet stratifié, une couche de carton dur collée sur le parquet assure la solidité de la surface de jeu. Le socle est monté sur pieds en aluminium réglables. Par contre, il est préférable qu’un voyant monte la table, car le dépliement des pieds n’est pas sans danger pour un déficient visuel et il peut facilement se coincer un doigt.
Le vernis des tables en bois s’abîme vite à force de râper sur les angles et les échardes sont fréquentes. Il faut régulièrement nettoyer la surface et penser à la décaper et à la revernir occasionnellement (surtout les coins de table) pour la maintenir lisse et glissante. En revanche, les tables en bois sont plus lourdes et plus solides. Les poches de but sont en tissu, donc silencieuses à l’arrivée de la balle. Le tissu empêche plus volontiers la relancée de la balle sur le terrain. Le bois reste, malgré son poids, le matériau principal en vigueur à l’échelle internationale.
Les pieds en revanche sont en métal creux, un peu plus lourds que pour les tables tchèques, mais plus résistants et assurent une plus grande stabilité de la table si le joueur est amené à s’appuyer sur un des bords. Les pieds se plient de se déplient à l’aide de pinces métalliques comme une table de jardin, très pratique et facilement repérable pour un déficient visuel. Le bleu semble être la couleur qui s’est implantée à l’échelle internationale, quoiqu’il n’existe aucune règle imposant une couleur pour la table.
 
Enfin, le carton est un matériau léger et malléable, plus facile à transporter, mais aussi plus lent quant à la réactivité du joueur et la surface de jeu ralentit certains coups demandant une grande puissance physique. Dans les deux derniers cas, les écrans centraux sont opaques en bois plein, ce qui limite la visibilité du public pour suivre une partie. Les tables hollandaises se fabriquent, comme en Suède et en République Tchèque, en série et leur coût varie entre 1500 et 2500 € l’unité, raquettes et balle fournies. Parfois, certaines sociétés ajoutent un chariot très pratique pour le transport de la table. Les tables hollandaises en série (car il existe aussi d’autres fabricants indépendants) sont les plus coûteuses, mais aussi les plus perfectionnées en matière de conception de fabrication. Ici sur les photos, les cages de but sont également en métal, mais bien plus résistant aux impacts (et les tables sont en bois multicouches extrêmement résistant). Le showdown est un sport récent, par conséquent, certaines de ses caractéristiques ne sont pas encore abouties et à l’état de recherche. Pour cela, d’autres matériaux sont sans cesse à l’essai afin de limiter les dégâts causés par les frottements de la raquette sur la table et de rendre la surface de jeu plus résistante en allégeant le plus possible le transport des moitiés de table (plastique, carbone…).
Le grand danger de fabrication est le joint entre les deux moitiés de table pendant le montage. Souvent, il arrive qu’une des deux moitiés soit plus haute que l’autre. Pour éviter ce désaccord de hauteur des deux moitiés, les tables professionnelles sont munies de vis réglables à la base de leurs pieds : il est ainsi possible non seulement de corriger la disjonction, mais aussi d’adapter chaque pied de la table individuellement au sol qui n’est pas toujours plane.
Comme nous l’avons vu plus haut, une table de showdown se monte en deux parties. Chaque partie pèse environ 70 kg. Transporter une table nécessite une fourgonnette de 4,80 m. contrairement aux remarques de certains organisateurs qui accueillent le showdown en tant que sport de démonstrations par rapport aux difficultés de transport, une table de showdown reste, dans ses dimensions et son poids, tous rapports confondus semblable à une table de ping-pong.
B. La Balle
Les balles doivent être construites dans un matériau dur et lisse. Le diamètre d’une balle ne doit pas mesurer plus de six (6) centimètres.
Les balles doivent être rendues audibles en y insérant de petits morceaux de métal (par exemple des billes d’acier inoxydable).
La couleur jaune est adoptée à l’échelle internationale, même s’il n’existe pas d’article dans le règlement qui impose une couleur de balle spécifique.
C. Les raquettes
Dimensions
-
Les raquettes doivent être construites dans un matériau dur et lisse et ne doivent pas avoir une longueur totale supérieure à trente-huit (38) centimètres.
-
La lame de la raquette doit avoir une longueur maximale de vingt-trois (23) centimètres, une largeur maximale de neuf (9) centimètres et une épaisseur maximale de dix (10) millimètres.
-
Le manche de la raquette doit avoir une longueur maximale de onze (11) centimètres et un diamètre (épaisseur) maximal de quatre (4) centimètres.
Ici aussi, chaque fabricant tente de donner un maximum d’avantages à ses produits en y apportant sa propre originalité, tout en respectant les normes prescrites par le règlement de l’IBSA (International Blind Sports Association).
Il existe des raquettes de matériau différent ; en voici une liste, suivi à chaque fois d’un commentaire critique.
Le bois :
Généralement, c’est le matériau le plus utilisé, il est idéal pour les débutants, car résistant et souvent bien balancé entre le poids du manche et celui de la lame. Le bois est un matériau souple, par conséquent il amortit très correctement la balle. Une bonne adhésion permet d’accrocher la balle sans trop de difficultés. En revanche, la raquette s’use assez vite, à force de frotter contre la table. C’est une raquette « tout terrain », assez rapide, équilibrée en tous points de vue et très accessible (10-15€).
Vitesse |
Contrôle |
Amorti de balle |
Effets |
Emission sonore |
7/10 |
8/10 |
7/10 |
7/10 |
6/10 |
Le plastique :
Plus lente dans l’attaque, les raquettes en plastique permettent néanmoins un contrôle surprenant, idéal pour un joueur défensif. Mais leur fabrication reste actuellement artisanale et c’est pour cela que malheureusement, elles manquent souvent d’homogénéité dans l’équilibre et la répartition du poids de l’ensemble. Cependant, pour les joueurs avancés, le plastique étant une surface synthétique et élastique, ce revêtement permet de faire des balles « volantes », c'est-à-dire de lancer la balle de l’autre côté sans qu’elle roule sur la table. C’est un coup très risqué, mais stratégiquement extrêmement intéressant, car l’adversaire est surpris et ne sait pas où arrive la balle (cf. chapitre 2 ‘stratégie’ et pour l’exercice chapitre 7.11).
Vitesse |
Contrôle |
Amorti de balle |
Effets |
Emission sonore |
5/10 |
7/10 |
8/10 |
5/10 |
4/10 |
La fibre de verre (plaque en bois):
Plus rapide que le bois, ce revêtement a cependant la même fragilité et s’abîme sur la tranche et le bout à force de frotter sur la surface de jeu. La surface, très lisse, ne permet pas de contrôle précis mais une relance rapide peut compenser, chez les joueurs offensifs, cette petite carence (prix moyen : 25-30 €). Il peut arriver (rassurez-vous, c’est très rare, mais je dois quand même le mentionner !) qu’une raquette se brise à la racine du manche, comme pour les raquettes en bois.
|
Contrôle |
Amorti de balle |
Effets |
Emission sonore |
8/10 |
6/10 |
7/10 |
6/10 |
7/10 |
Le carbone :
Une raquette en carbone complet, manche et lame, tient « toute une vie » ; c’est un matériau pratiquement incassable qui a été développé en Suède. Le manche est bien balancé par rapport à la lame, qui, pour combler le manque de la raquette en fibre de verre, a été couvert d’une surface légèrement rugueuse pour permettre un meilleur contrôle de la balle et en assurer les effets avec plus de sûreté. C’est une raquette professionnelle, fabriquée en usine, car le carbone nécessite un traitement qui dépasse le plus souvent les ateliers artisanaux (prix : 60 €).
Vitesse |
Contrôle |
Amorti de balle |
Effet |
Emission sonore |
9/10 |
7/10 |
7/10 |
7/10 |
9/10 |
Comme nous le verrons plus bas (cf. chapitre 2), il existe des joueurs gauchers droitiers ou ambidextres, mais dans ce dernier cas, il faut toujours qu’il n’y ait qu’une seule main (celle qui tient la raquette) qui soit en contact avec la table. Il doit également exécuter ce mouvement sans tarder et dans l’intention exclusive de garder au moins pendant un échange la nouvelle main. Il n’est pas interdit dans le règlement qu’un joueur change de raquette en cours de jeu ou pendant les arrêts de jeu. Il peut garder la raquette de rechange par terre ou bien encore dans sa main qui ne joue pas, ce qui lui donne un avantage considérable quant au gain de temps. Le règlement stipule que la raquette de jeu doit être tenue dans une seule main tout le temps sauf pour le changement de main (art. 7.3 du règlement international en vigueur de 2009), mais il n’interdit pas de garder une autre raquette dans une main qui ne joue pas.
D. Le Masque
Le showdown étant un sport relativement jeune quoiqu’en plein essor à l’échelle internationale, il n’a pas encore été élaboré d’équipement spécifique au sport. Le bandeau de protection ne porte donc pas encore de terme approprié. Aussi n’a-t-il pas encore été homologué dans sa forme. La seule chose imposé par le règlement est qu’il doit être totalement opaque et ne pas laisser passer de lumière, car c’est le principal défi du showdown : de jouer à l’oreille. Tout déficient visuel, même aveugle complet est tenu de porter ce masque. Il suffit de se procurer dans un magasin de sport des lunettes de plongée ou de ski et de les teinter soit avec de la peinture noire ou du vernis, soit en collant du ruban adhésif opaque sur la vitre, ou encore de découper un morceau de carton pou de plastique sur le verre, ce qui fait plus propre. Rappel : la peinture ou le vernis émanent des gaz toxiques, soyez donc attentifs de peindre à l’extérieur du masque !
L’arbitre vérifie l’opacité du masque à chaque jeu ; il est donc important de bien boucher toute ouverture laissant passer de la lumière, car il arrive qu’un masque ne soit pas accepté et que le joueur ne puisse pas jouer, sauf si quelqu’un lui prête son masque.
E. Les Protections Manuelles
Les gants sont l’atout majeur indispensable pour la pratique sérieuse du showdown et font également partie du matériel de protection. Les joueurs mettent longtemps pour trouver le gant le plus adéquat à leur sport, car ici aussi, comme pour le masque, aucun prototype idéal n’a encore été fabriqué.
Le règlement impose la limite d’épaisseur ne dépassant pas 2,5 cm et il ne doit pas dépasser de plus de 6cm la hauteur du poignet ; le gant doit donc avoir à la fois une forte résistance élastique, permettant une grande mobilité du poignet, et une protection totale axée sur certains points très exposés aux impacts des la balle. Les métacarpes et les premières phalanges du doigt sont les premières zones touchés.
Certains joueurs hollandais utilisent des mitaines, laissant ainsi les premières phalanges exposées, ce qui à mon avis en tant que pianiste, compte tenu de la violence des impacts, est farouchement irresponsable. Combien de joueurs sont forcés d’abandonner leur tournoi, blessés à la main qui enfle et bleuit à vue d’œil ?!...
Certains gants de vélo tout terrain comme ce modèle sont renforcés à cet endroit et permettent une protection relative ; mais, compte tenu de la vitesse de la balle, les protections restent bien inférieures à ce qu’elles devraient être et la protection manuelle ne reste que partielle, même si l’épaisseur des zones protégées est règlementaire et conforme à ce qu’impose l’IBSA.
Le cuir des gants de moto, plus résistants au niveau des métacarpes, fait énormément transpirer pour son utilisation dans un sport de salle. Des essais peu concluants ont été faits avec des gants de boxe thaï, des gants de gardien de but de football et d’autres gants empruntés à d’autres disciplines sportives. Il existe toujours la possibilité pour un bon bricoleur de fabriquer sa propre protection, mais ce moyen reste amateur et ne peut servir que d’ultime solution de secours. De plus, un gant fait maison ne sera jamais aussi résistant qu’un gant élaboré par des laboratoires et conçu de toutes pièces pour éviter des blessures.
Les meilleurs gants aujourd’hui sont ceux d’un sport d’hiver pratiqué en Scandinavie, le Bandy, un sport semblable au Hockey sur glace. La mousse est découpée selon les phalanges et permet une mobilité assez précise des doigts. Mais les métacarpes ne sont toujours pas assez protégés, car la main frotte sur la table et expose les articulations des auriculaires à une usure systématique. L’impact de la balle atteint le plus souvent les métacarpes, et plus particulièrement à l’endroit du majeur. Les blessures les plus fréquentes se trouvent aux 3ème et 5ème métacarpes, pouvant garder un hématome pendant une bonne semaine. Un gant trop épais nuirait au contrôle de la prise de raquette en main. Malgré les précautions utilisées, le showdown reste un sport à risque pour les protections manuelles. La protection manuelle reste un problème majeur à résoudre pour le showdown.
En guise de conclusion de ce chapitre, il est permis de porter un ruban qui aspire la sueur du poignet et qui protège à la fois des blessures causées par le frottement de l’avant-bras sur la planche de contact.
|