MANUEL PEDAGOGIQUE :

7. UNE SEANCE D'ENTRAINEMENT

Toujours commencer par une séance d’échauffements pour détendre les articulations et chauffer les muscles. Ce n’est pas parce que le showdown est un sport de salle (et un sport à l’apparence statique au premier abord), que l’on ne doit pas suivre le déroulement classique et indispensable de toute pratique sportive. Au contraire, on croit que l’on est chaud parce que l’on ne bouge pas énormément, il fait chaud dehors ou dans sa salle du gymnase ; on considère la température ambiante comme « séance d’échauffement », on commence à jouer et les douleurs musculaires ou articulaires se font sentir immédiatement après. Restez donc toujours vigilant de ne pas faire de gestes brusques, même en jouant, car l’espace à contrôler est minimal au showdown, mais il nous faut le contrôler parfaitement. Dans le mot « espace », j’entends en effet essentiellement soi-même et environ un m² autour de soi. Le reste appartient au phénomène de l’anticipation. 10 minutes suffisent pour chauffer l’ensemble du corps et des articulations, mais c’est une phase nécessaire pour bien entamer l’entraînement ou le match. Procédez à l’échauffement lentement sans vous presser ; vous risquerez sans cela de vous faire déjà mal pendant la phase préliminaire.

Commencez par courir à vitesse modérée autour de la salle en tâchant d’alterner les modes de marche suivants : course normale, talons aux fesses, genoux montés, accélération en ligne droite, sautillements sur place.

Ensuite tenez-vous debout et droit.

Chevilles
          Restez debout. Commencez par  faire travailler le bas du corps et tournez les chevilles dans les deux sens simultanément.

Mollets
          Soulevez les talons plusieurs fois en sentant que les mollets travaillent. Cet exercice vise également à entraîner l’élasticité des articulations de l’abdomen.

Jambes
          Adossez-vous au mur et fixez vos jambes à 90°, comme si vous étiez assis sur une chaise. Gardez cette position pendant environ une minute. (ou moins bien sûr, si vous avez mal). Cet exercice muscle les cuisses et développe la résistance des jambes pendant une longue période.

Bassin
          Effectuez à présent lentement des cercles du bassin dans les deux sens en avançant et en reculant le haut du corps pour dérouiller les hanches et assurer plus tard la mobilité du déplacement.

Dos
          Enroulez-vous, toujours debout en touchant la pointe des pieds avec vos doigts et déroulez-vous jusqu’à ce que vous ayez atteint votre position de départ.

Nuque
          Effectuez de très lents mouvements circulaires avec votre cou pour détendre les cervicales.

Epaules
          Prenez chaque épaule par les bouts des doigts de chaque bras respectif et tournez-les dans les deux sens.

Bras
          Imitez une hélice d’hélicoptère avec vos bras relâchés dans les deux sens en avant et en arrière en faisant attention de rester le long du corps et de ne pas aller trop vite.

Poignets
          Tournez lentement les poignets en veillant à éviter tout craquement.

Mains
          Secouez les mains en détendant les doigts.

VOUS ETES MAINTENANT PRÊT A JOUER.

Les entraînements s’effectuent à deux, de préférence avec un voyant, qui pourra mieux critiquer le travail de l’autre joueur. Chaque fois, les deux côtés travaillent, mais sur des exercices différents. Chaque phase d’entraînement dure cinq minutes, chronomètre en main, ensuite on inverse les rôles. Il serait judicieux de choisir des techniques d’entraînement qui font alternativement travailler un côté en attaque et l’autre en défense pour  équilibrer les rôles. Dans les exemples qui suivent, les deux joueurs A et B sont droitiers. Le but de l’entraînement est de systématiser un enchaînement de coups de manière régulière pour créer des schémas de parade automatique et de réactions systématiques. Impossible d’énumérer tous les schémas possibles ; libre à l’entraîneur d’organiser son cours.

1. Les services coup droit/revers

S’entraîner aux services est essentiel pour apprendre calmement à cadrer sa frappe et à maîtriser son geste. Nous avons vu que tous les services pouvaient s’adapter aux coups d’attaque. Il est possible de combiner un scénario, dans lequel le joueur A fait un service par exemple direct et le joueur B renvoie (sans grande difficulté, puisque le tir du service va droit au but) en tir diagonal sur le revers de A.
Un travail au double croisé dans l’angle du coup droit de B demande à B de développer sa défense en coup droit.
Dans la constellation du travail sur le service, il est préférable de combiner le service offensif avec un enchaînement  défensif.

2. Les relances directes en ligne droite et en diagonale

A peut lancer une balle en diagonale sur le coup droit de B, et B renvoie en ligne droite avec sa prise de raquette à la verticale. Deux droitiers peuvent aussi alterner revers sur revers (cf. point 6). L’alternance de coup droit sur coup droit est plus difficile, sauf s’il s’agit de l’essuie-glace. 

3. Les relances directes en diagonale

Le même processus est applicable pour les tirs en diagonale, il s’agit toujours de travailler la précision du tir pour les enchaînements simples. A peut également alterner mouvement droit  et mouvement diagonal, alors que B répond uniquement  en diagonale ou en mouvement droit. On appelle cela un « 4 », suivant la forme du chiffre. Le « 8 » est une alternance complète des deux coups : A ne tire qu’en diagonale et B ne tire qu’en mouvement droit.

4. Les parades/contrôles

Un enchaînement complexe fait travailler l’endurance, l’anticipation auditive et le temps de réaction. Pendant qu’un côté travaille la parade, l’autre est obligé de lui lancer une balle forte. La parade s’effectue d’après une attaque.

5. Les accélérations

Il s’agit dans cet exercice de garder la concentration et la précision de tir sur un coup simple tout en accélérant. Pour deux droitiers, A et B peuvent s’envoyer revers sur revers et accélérer peu à peu.

6. Les contre-pieds « organisés »

A s’obstine à jouer sur un endroit et au bout du troisième coup il change en coup libre. B se doit de renvoyer en défense et de travailler la précision du renvoi pour permettre à A de relancer tout de suite.

7. Les croisés et double croisés

Pour travailler la force du bras, cet échange est plus unilatéral que les autres, car il est difficile d’obtenir un échange équilibré avec cet exercice. A s’entraîne à la précision de tir et à la préparation du geste pour les coups puissants, B se contente de renvoyer.

8. Le changement de main (avant et) pendant le jeu

Le changement de main se travaille comme tout le reste, pour éviter de perdre du temps à chercher une position sûre et stable et de se mélanger les doigts lors du changement de prise de raquette. On peut s’entraîner dans le vide, mais il est préférable de travailler en situation. A change de main pendant que la balle retourne vers B, alors que B lui propose de jouer sur son revers juste après avec par exemple un ricochet simple sur la gauche de sa moitié de table.

9. Le jeu à deux en entraînement

Attaque/défense – accélération/contrôle – service/relance directe – alternés – « 8 » et « 4 » peuvent se combiner dans une infinité de scénarios d’entraînement. Ensuite, une fois que l’enchaînement est maîtrisé de manière satisfaisante, on peut terminer en « jeu libre », c’est-à-dire tenter de terminer le point comme en match.

Option : les coups spéciaux

Les deux coups particuliers présentés ici sont visuellement et assez spectaculaires auditivement.

L’un est la « balle volante ». La balle est prise en revers et légèrement soulevée avant d’être relancée. De cette manière, elle ne glissera plus sur la surface de jeu mais volera littéralement comme au ping-pong. Le joueur en face, n’entendant pas la balle arriver, sera surpris de tout à coup entendre un impact près de lui et laissera filer la reprise ; vous garderez ainsi votre avantage. Ce coup spécial ne peut être réellement efficace qu’en tir droit. L’idéal serait de parvenir à cadrer ce tir comme pour un tir diagonal (fig. 7)


L’autre coup n’est pas proprement dit un « coup », c’est plutôt une manipulation qui demande beaucoup de réflexe et de dextérité. Ma qualité de pongiste m’a fait découvrir qu’il était possible, dans un élan « désespéré », de lever exceptionnellement la raquette bien haut (alors qu’il ne faut jamais quitter la main de la table), placer la lame à plat à l’horizontale et suivre la trajectoire des grelots. La raquette doit se situer au-dessus de ce son de grelots et on essaye de descendre la balle pour amortir les rebonds tout en tâchant de la ramener sur la table. Mais cette parade est très difficile, car il est pratiquement impossible de la travailler volontairement et elle ne peut s’appliquer qu’en situation si le joueur a la présence d’esprit d’y penser sur le vif. Ceci dit, je me dois de l’évoquer, car j’ai pu faire revenir quelques balles, qui étaient parties pour sortir définitivement alors que je les avais touchées en dernier, sur la table.